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Milie

Milie est une jeune artiste qui vient de sortir son 2ème album: Happy Hour.

Et cet album, il ne s’est pas fait en un claquement de doigts… Petit retour sur le parcours d’une artiste optimiste !

1 – Se lancer

Happy Hour, c’est déjà le 2ème album… Mais avant, il y a eu Prologue. Tu nous en parles?

« Quand j’ai commencé à faire des scènes ouvertes, j’ai rencontré des personnes incroyables. Le meilleur conseil que j’ai pu avoir, c’était « Emilie, l’album que tu as en tête il est tout là-haut, fais-en d’abord un qui est juste ici ». Du coup on a fait Prologue ! C’était vraiment un projet étudiant, associatif, entre potes, enregistré dans des caves… la débrouillardise ! Mais c’est l’album qui m’a lancée dans une dynamique de gestion de projet de A à Z. Parfois il vaut mieux se lancer avec les moyens qu’on a et grandir à travers cette expérience, plutôt que de repousser.

Un petit extrait de Prologue avec le titre « Renaissance »

Pour l’anecdote, un jour à la fac, j’ai eu un rendez-vous avec une conseillère d’orientation. Et au final, elle m’a dit « mais en fait, tu seras la pire employée du monde, monte ta boîte ! ». Si je l’ai fait, c’est en partie parce que quelqu’un m’avait dit de commencer tout petit. Et ça m’a menée à Happy Hour, qui est plus pro ! »

2 – Créer et s’entourer 

« Monter sa boîte », justement, c’est une aventure que l’on n’imagine pas spécialement créative. Tu en penses quoi ?

« Pour moi, la création peut s’appliquer à plein de choses, ça ne se restreint pas à l’art ! Par exemple, voilà, tu montes ton entreprise: la manière dont tu vas la structurer, dont tu vas t’organiser, rebondir sur les choses, comment tu vas faire, comment tu fais la communication… tout ça, ça nécessite de la créativité à un moment. Et pourtant, on ne va pas dire « c’est un métier créatif ». Et bien si, en fait ! Et je pense qu’on manque parfois cruellement de créativité dans des métiers un peu décisifs. Des fois, je me dis que c’est bien d’avoir des gens dans l’équipe qui savent penser en dehors du cadre, et c’est dommage parce que souvent, ces gens-là, on ne les écoute pas trop… » 

Pour toi, c’est important de s’entourer ?

« Oui ! Je pense qu’on apprend en faisant. Et travailler avec des gens qui ont des métiers très spécifiques, ça ouvre l’esprit, ça ouvre des possibilités, parce qu’on absorbe plein de choses.

Par exemple en musique, j’ai aucune formation en ingé son. Au départ avec Mathieu, l’ingé son de l’album, on apprenait à se connaître. Moi, ma musique se construit dans ma tête, j’ai des mélodies où je ne sais pas forcément dire s’il faut plutôt un violon, plutôt un synthé… Je ne savais pas faire la différence entre une réverb’ et un écho, par exemple. Du coup, ensuite, il y a eu Baptiste, qui est autant musicien qu’ingé son, et c’était nickel parce qu’il a capté ce que j’avais dans la tête, et il a su faire le pont avec Mathieu. »

3 – Rester optimiste

Quand j’ai écouté l’album, ta chanson « Elastique » m’a clairement parlé. Je me suis reconnue à 200% dedans. Mais être positif, ce n’est pas forcément simple! Comment tu fais, toi, pour voir les choses de manière optimiste ?

« Je fais des carnets de gratitude, ça m’a beaucoup aidée ! A force de faire cet exercice d’écrire tous les soirs, toutes les semaines, c’est plus simple aujourd’hui, au quotidien, quand il m’arrive quelque chose que je trouve génial, d’être tout de suite dans un moment de gratitude. De me dire « c’est génial, je suis trop reconnaissante de vivre ça, là, maintenant » ! Ça aide à se poser, à se demander pourquoi on est reconnaissant, ça aide à enlever toute pensée négative qui peut nous tenir à terre.

Comprendre d’où viennent nos peurs, aussi, c’est important. Plus on avance plus on s’observe plus on arrive à gérer ce genre de choses ! Si je suis fatiguée, par exemple, je vais faire de l’anxiété rapidement. Ou quand il y a trop de pression, je suis plus facilement à fleur de peau. A ce moment-là, on relativise, on regarde ce pour quoi on est content, et des fois il faut couper, dire stop. On arrête de nourrir la tristesse, la frustration. Ça m’arrive de dire « Ok, là, il faut que j’aille méditer 30min ». Si je ne le fais pas, je vais accumuler des choses et ça va exploser de manière beaucoup plus virulente. Il faut s’autoriser à digérer certaines choses. J’aime beaucoup écrire – forcément je suis auteure – j’ai plein de carnets de gratitude, de carnets de création… Il faut trouver la méthode qui te correspond le mieux en fait. »

4 – Revenir à l’essentiel

Tu fais partie de ces (nombreuses) personnes pour qui la crise que l’on vit depuis plus d’un an a été bénéfique. Comment tu as mis à profit cette situation ?

« En vrai, le confinement et la crise, ça m’a poussée, boostée, à écrire, à créer, à trouver une manageuse, à me remettre en question, à voir plus loin, à me mettre dans les rouages pros… Et en fait, heureusement qu’il y a eu cette remise en question à ce moment-là ! La question elle était simple, c’était « si je devais mourir demain, qu’est-ce que je laisserais à ce monde ? » Et aussi, de quoi je veux que mon quotidien soit fait ? Ça m’a enlevé tout le surplus! Ça m’a permis de revenir à l’essentiel, d’affirmer le métier que je voulais faire, de me dire que j’allais plus me laisser plomber par les avis ou les attentes des autres… ça m’a donné le courage d’affirmer mes idées, ça m’a permis de couper les ponts avec certaines personnes aussi.

J’ai eu l’immense chance de ne pas avoir le couteau sous la gorge, de pouvoir me donner à fond là-dedans malgré la situation. Le 1er confinement, ç’a été un déclencheur. Et après ça m’a permis de construire un album avec une trame narrative, sur laquelle les gens se sont greffés au fur et à mesure. Pendant plus d’un an on n’a pas pu faire de concerts mais on a travaillé sur l’album, et bim ! Happy Hour sort au moment où c’est bon, où tout reprend. Et ça me permet aussi de mettre un pied dans le monde pro de la musique et du spectacle, parce qu’il y a tellement de choses à défendre !

Pour moi c’est grâce à la culture qu’on peut faire avancer les choses, c’est quelque chose qui est humain, ancien comme le monde. Et surtout il y a plein de sujets sur lesquels j’aimerais travailler grâce et à travers l’art ! C’est une liberté qui est précieuse, et à travers la crise, on a vu que ce n’était pas si évident et si intouchable que ça. Il faut la maintenir, c’est essentiel ! Partager des moments avec les gens, grâce à l’art, ça ne chasse pas un virus, mais par contre ça contribue à donner du bonheur aux gens, ça participe au bien-être, ça stimule !

Je préfère voir cette crise comme quelque chose qui nous fait réfléchir, évoluer, plutôt que me dire que c’est horrible et subir la chose. Je pense qu’on est humain, créatif, qu’on a des outils qui nous permettent de rebondir.

On peut tous s’aider à se relever, se couper des choses qui ne sont plus nécessaires, et se rediriger vers les choses qui sont vraiment essentielles. J’espère que cette expérience va continuer. Parce que si on reprend la vie comme si de rien n’était, à faire les mêmes erreurs qu’avant, si c’est pas un virus, ce sera autre chose qui viendra nous faire réfléchir. »

5 – Les défis

Tu as profité du premier confinement pour te lancer des défis, comme les Freestyle… qu’est-ce que ça t’a apporté ?  

« Il faut se demander « qu’est-ce que je peux faire là avec les moyens que j’ai ? ». Moi ça m’apprend beaucoup ce genre de défi, ça m’apprend sur mon endurance, sur ma créativité, sur ma débrouillardise, sur ma discipline… Par exemple, j’ai effectivement fait les « Freestyle ». J’en ai fait 22, je me suis replongée dans la musique, ça m’a boostée, ça m’a entraînée de devoir créer quelque chose de nouveau toutes les semaines ! Et j’ai rencontré plein de gens à distance, c’était génial ! Se lancer des défis, c’est tellement enrichissant à plein de niveaux !!

Milie a mis Paris en bouteille… (un des épisodes Freestyle lancé durant le 1er confinement)

Là où j’encourage tout le monde à se créer ses défis, c’est que quand on fait des projets ensemble, en cours de route on rencontre des personnes qui soutiennent le truc d’une manière ou d’une autre et avec lesquelles on va tisser des liens incroyables.

Souvent, c’est Davy (le réalisateur du clip « I.N.È.S ») qui me dit « toi t’es insupportable Milie, à chaque fois tu débarques en mode « au fait j’ai croisé Machin dans la rue, j’ai trouvé une opportunité, un bar, un concert… » ». Mais il y a ce truc dans l’imprévu, et dans le fait d’attirer les choses de manière improbable. Par exemple, pour le concert de la fête de la musique le 21 juin, on avait du matos, et c’était très bien pour le bar qui n’avait jamais fait de live. Du coup à partir de ça, eux ils pourront continuer là-dedans, et nous on a juste posé la première pierre !

C’est aussi ce qui se passe pour la tournée de cet été: c’est « Milie la cigale », je ne pouvais pas ne pas aller chanter dans la rue en Provence. De fil en aiguille, on m’a parlé des marchés d’été, et go ! Ça se construit presque tout seul, et seulement maintenant parce qu’avec le Covid on ne savait pas à quoi s’attendre. Mais là, on est en train de monter le programme. C’est un peu « je vois à peu près comment faire, je vois où je commence, et yalla ! ». »

6 – L’aboutissement du projet

Si on devait résumer: Happy Hour, c’est quoi ?

Happy Hour c’est un condensé de création avec une équipe qui a travaillé dans des conditions spéciales et qui a créé quelque chose qui nous a manqué ! Les terrasses, sortir, être ensemble, tisser des liens… c’est résumé en 14 titres et c’est défendu cet été dans les rues et les jardins des gens !!

Tout s’est fait de manière ultra fluide ! On a dit « on fait album », tout s’est ouvert: studios, musiciens, ça s’est presque fait tout seul ! Certains morceaux de l’album existent depuis des années. Elastique, I.N.È.S, Disco Duck… Je suis quelqu’un qui garde les créations dans les tiroirs et qui les ressort au moment où elles ont le plein potentiel. C’est rare que je jette des idées! Certaines choses ne voient le jour que maintenant, parce que jusqu’à présent ce n’était juste pas le bon moment.

Mais voilà, cet album, c’est vraiment le condensé d’un an et demi de corona, avec plein d’amis qui ont vécu ça ensemble. Et ça fait qu’on tient la route, qu’on garde la tête froide et aujourd’hui j’ai envie d’offrir ça aux gens !

Le mot de la fin ?

Toutes les infos sur la tournée de cet été par ici: Facebook

La chaîne YouTube de Milie

L’Instagram de Milie

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